J'aurais pu diluer mon encre à la saumure de larmes insensées, écrire brusquement sans réflexion préalable. Mais rien. Ma page. Est restée. Entièrement blanche.
Un point surprenant au milieu d'une longue phrase. La barrière infranchissable qui s'érigeait devant chaque porte de sortie de mon esprit.
_ Et après, comment on fait? Je me fais l'impression d'être l'aveugle qui voit à nouveau. Sans y voir beaucoup mieux que lorsqu'il était dans le noir. Mais, étant cet aveugle, mon exemple n'est même pas le bon, puisque je ne sais plus trouver la bonne métaphore. _
Vieillir_ J'ai goûté la réussite. Puis aussi l'échec. De suffisamment près pour apprécier leur inéluctabilité et l'ordre méticuleux que ces phénomènes offrent à la société humaine. J'ai poussé la réflexion à la souffrance psychique, suffisamment loin pour réussir à me perdre un peu dans mes pensées. C'était plutôt heureux. Pas clair, mais émotionnel, donc traduisible sous forme d'expression.
Et puis le lendemain, le Monde a perdu ses couleurs. La Terre, la Vie, l'Homme, tout ce qui constitue le contraire du Néant, appellons ça l'Existant, a perdu son sens. Ca ne dure pas assez longtemps pour que tu puisses réaliser, et en une seconde, plus rien n'est pareil. Le film est soudain en noir et blanc, il n'a ni queue ni tête. Tout autour, les gens courent, personne ne s'arrête, alors que toi tu n'avances plus.
Et plus rien. Ne t'attends. Nulle part.
L'émotion, disparait.
Tu te relèves toujours.Parce qu'au final, personne n'est suffisamment courageux pour mourir.
Ce soir, tout fini.
La foule n'a pas d'âme. C'est ce qui la rend si cruelle.
J'observe chacun de ces Hommes, d'une manière strictement identique, neutre et nouvelle, mais tout à fait singulière. Comment omettre qu'ils sont tous parfaitement différents ?
Et enfin, je sais. Je découvre que chacun d'eux est aussi perdu que moi. Une masse d'enfants curieux et ignorants. C'est l'errance d'une vie. L'élan qui leur fait construire une histoire. Pour que demain soit un peu moins insensé, et qu'aujourd'hui réponde à quelques questions.
Alors j'avance à mon tour. Dans la musique, les lumières et les cris. Je baisse la tête et je me fonds dans la masse. Je choisis d'abattre mes murs. Enfin.
Et si demain, le jour ne se levait pas ? Pourquoi, je suis là?. Je suis là. Ce soir, tout fini. Tout. Est. Fini.
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Puisqu'il faudra toujours un support, la gloire et l'(la) (r)assurance, que l'aspiration de tout homme ne cesse jamais d'être le pouvoir, cessons de se voiler la face. Tout cela, nous est nécessaire.
F.lavie